Sentier des luthiers


Visite commentée et illustrée du sentier des luthiers

Pour débuter votre promenade, en sortant du musée, côté ville, nous vous invitons à parcourir sur votre gauche la Rue des Tanneries. Vous arrivez Place Chantaire et à votre gauche, vous trouvez la Rue Saint Georges...

Au numéro 5 de cette rue, ont exercé Louis MORIZOT(Mirecourt 1874 – 1957), Archetier, puis René MORIZOT (Mirecourt 1917 – 2001), Luthier
Louis Morizot débute son apprentissage d'abord chez Cuniot puis dans l'atelier de Charles Nicolas Bazin. Vers 1914, il commence à travailler pour Sartory pour lequel il fabrique essentiellement des hausses et des baguettes dégrossies. Il s'établit à son compte aux environs de 1919. Il travaille alors pour de très nombreux luthiers mirecurtiens, français et étrangers. Vers 1933, il s'associe avec ses 5 fils archetiers, et s'installe au 39 ter Rue du Faubourg Saint Vincent. A ce moment là, son fils, René, seul luthier de la famille, s'installe à son compte dans l'ancien atelier de son père. Il a effectué son apprentissage de luthier chez Emile Audinot. En 1970, à la création de l'école de lutherie au sein du Lycée Jean Baptiste Vuillaume, il est nommé professeur de lutherie jusqu'en 1983.

Au numéro 8 de cette rue, était installé Paul BISCH (Mirecourt 1893 - 1967), Luthier



Malgré une surdité précoce, il commence son apprentissage de luthier à la manufacture Thibouville Lamy, il le poursuit auprès de maîtres luthiers, tels Léon Mougenot et Marius Didier. A l'âge de 26 ans, il entre chez Caressa et Français, à Paris, pour se perfectionner en restauration d'instruments. Il s'installe à Mirecourt où il développe un atelier réputé : une dizaine d'ouvriers travailleront pour lui, soit à l'atelier, soit à domicile. Il vend ses instruments à l'étranger (USA, Canada, Suisse,etc.). Il est plusieurs fois médaillé. En 1961 il obtient le titre de meilleur ouvrier de France. Il travaille en collaboration avec de nombreux artisans locaux : sculpteurs de manche de violon, vernisseur, fabricants d'accessoires. Selon son fils, sa production personnelle s'élèverait à environ mille violons et altos.

Passant l'enseigne du "Violon dingue", vous poursuivez à votre droite, vers la Place Thierry, nous y trouvons deux autres maisons de luthiers :

Au numéro 114, la maison de Pierre Marcel SOMNY ( Mirecourt 1897 - Cormeilles en Parisis 1978), fabricant d'accessoires de lutherie
Il est le quatrième d'une lignée de fabricants d'accessoires de lutherie installés à Mirecourt. François Eugène Somny (1812-1884), fils d'un fabricant de serinettes à Mirecourt s'établit comme fabricant d'accessoires en lutherie. Son fils, François Léon (1839 - 1908) est dit fabricant de chevilles et de cordiers. François Victor (1867 - ?) et Pierre Marcel (1897 - 1978), fils et petit fils de ce dernier poursuivent l'activité de fabricant d'accessoires de lutherie.

Au numéro 124, celle de Charles Georges BRUGERE (Mirecourt 1865 - 1930), luthier



Fils de luthier, élève de Drouin à Mirecourt, il entre comme ouvrier chez Blanchard à Lyon, puis chez Gand et Bernardel à Paris. Il s'établit à son compte en 1895 à Paris. Il obtient plusieurs distinctions lors d'expositions à Lyon en 1894, à Paris en 1900 et à Liège en 1905. En 1920, il revient à Mirecourt où il se consacre encore à quelques réparations.

Remontons maintenant vers la ville haute par la Rue Canon, nous y rencontrons,

Au numéro 7, Gabriel Xavier JACQUET (Mirecourt 1838 - 1908), Luthier
Comme son père, Joseph Xavier, et son frère, Gabriel dit Jacquet Gand, il se spécialise dans la fabrication de contrebasses.


Devant chez Jacquet, lors de l'inauguration du sentier des luthiers

Au numéro 5, Amédée Dominique DIEUDONNE (Mirecourt 1890 - 1960), Luthier



En 1906, à l'âge de 14 ans, il entre en apprentissage chez Gustave Bazin et continue au titre de compagnon deux années supplémentaires pendant lesquelles il étudie également le violon. Il part ensuite à Bruxelles comme ouvrier chez Darche Frères. Gazé pendant la 1ère Guerre Mondiale, il revient à Mirecourt et s'établit en 1920. Dans son atelier, travaillent en permanence 2 ou 3 ouvriers, sans compter les sous-traitants pour les têtes et le vernissage. Il fut le maître d'apprentissage de bon nombre de luthiers du 20ème siècle dont Etienne Vatelot, Bernard Millant, René Quenoil, Jacques Camurat, et René Morel. Sa production est étonnante et s'explique par les méthodes de travail diversifiées. Il fut également un militant actif au sein du « Syndicat des artisans de la lutherie française » créé en 1933 ; ainsi qu'au sein de la « coopérative d'approvisionnement des luthiers de Mirecourt.» Il dirige enfin pendant quelques années un orchestre symphonique et donne des cours de violon. Un violon d'Amédée Dieudonné est actuellement présenté dans l'exposition "Transmission(s)", pour illustrer la thématique "de Maître à élèves". Pour en savoir plus Consultons le site de Roland Terrier, luthier à Mirecourt

Au numéro 1, L'atelier d'Émile François OUCHARD (Mirecourt 1872 - 1951) et d'Émile Auguste OUCHARD (Mirecourt 1900 – 1969), Archetiers
Premier d'une lignée de grands archetiers français, Émile François entre en apprentissage à 14 ans chez l'archetier Eugène Cuniot Hury. A la mort de ce dernier, il gère l'atelier jusqu'en 1922. En 1923, il crée son propre atelier. En 1936, environ 15 ouvriers travaillent à l'atelier, dont son propre fils, Émile Auguste. Grand pédagogue, il est sans doute à l'origine de la grande qualité de travail de son fils et de certains de ses ouvriers. Émile Auguste (1900 -1969) quitte Mirecourt et son père pour s'installer à Paris en 1940. Puis en 1946, il quitte la France pour collaborer avec Lazare Rudié à New-York. Il travaille en contrat d'exclusivité avec la maison William Lewis and son de Chicago jusqu'en 1960. A cette date, il rentre en France et s'établit à Gan (64). Ses archets sont très recherchés par les musiciens. Son fils Bernard (1925 - 1979), après une carrière en Suisse, sera le premier professeur d'archèterie à l’école de lutherie, au sein du Lycée Jean Baptiste Vuillaume.


Bernard Ouchard

Quelques archets de la famille Ouchard sont actuellement présentés dans l’exposition « Transmission(s) », pour illustrer la thématique « De père en fils ».

Vous arrivez Rue Chanzy, tout de suite à votre gauche,

Au numéro 70, L'immeuble où exerce actuellement Jean Jacques PAGES (né à Paris en 1947° Luthier, et où René JACQUEMIN (Mirecourt 1879 - 1957), Luthier exerça en arrière cours. Il commence son apprentissage de luthier dans l'atelier Audinot à Mirecourt, puis se perfectionne chez Léon Mougenot. Il part ensuite à Paris pendant 5 ans chez Caressa et Français. En 1919, il installe son atelier à Mirecourt et embauche quelques ouvriers. Pour les vernis, il s'inspire dans son travail de l'école italienne. Il forme un grand nombre d'apprentis notamment les parisiens, Frédéric Boyer et Pierre Taconé, luthiers renommés de la 2ème moitié du 20ème siècle. Il prend sa retraite en 1950.
E 2009, la petite fille de René Jacquemin a fait don au musée de deux violons fabriqués par son grand-père.

En revenant sur vos pas, toujours dans la Rue Chanzy, en direction du centre ville,

Au numéro 56, Jules COUTURIEUX (Mirecourt 1839 - 1903°, luthier. Fils de Joseph Couturieux, fabricant de chevalet, il poursuit l'activité de son père.

Au numéro 68, Philibert DECOMBE (Mirecourt, période d'activité 1908 - 1956 fabrique des accessoires de lutherie et d'archèterie. Il prépare notamment les mèches de crins pour les archetiers et il a une clientèle internationale.

Puis, sur votre droite, en haut de la Rue des Remparts,
Au numéro 1
, se trouvait l'atelier de Gustave BAZIN (Mirecourt 1871 - 1920), Luthier. Fils du célèbre archetier Charles Nicolas Bazin, il se consacre à la lutherie, fait son apprentissage chez Vuillaume - Darte, puis chez Laurent à Mirecourt. En 1888, il travaille chez Collin-Mezin père à Paris. En 1891, il revient s'installer à Mirecourt où il emploie plusieurs ouvriers. Il a pour élèves Charles Enel, son neveu Pierre Enel et Alfred Vidoudez. Un violon e Gustave Bazin est actuellement présenté dans l'exposition "Transmission(s)", pour illustrer la thématique "de Maître à élèves".

Au numéro 26 de la Rue Chanzy, admirez la maison natale de Sébastien Philippe BERNARDEL(Mirecourt 1802 - Bougival 1870), Luthier.
La famille Bernardel, d'origine lorraine, s'installe à Mirecourt, dans cette maison, dans la première moitié du 18e siècle. Sébastien Philippe Bernardel (dit Bernardel Père) nait à Mirecourt en 1802 où il fait son apprentissage avant d'aller à Paris en 1819. Il travaille chez Nicolas Lupot, le célèbre luthier parisien, d'origine mirecurtienne, où il rencontre Charles François Gand. En 1826, il crée son propre atelier. Son fils Ernest (1826 - 1899) travaille à ses côtés à partir de 1840. Son second fils Gustave (1832 - 1904) les rejoint en 1848. Dès 1866, ses fils reprennent l'atelier et fusionnent avec l'atelier Gand (successeurs de Lupot) , dirigé par Eugène Gand, un des fils de Charles François. L'atelier devient "Gand et Bernardel frères". Cette succession de grands luthiers en fait une des maisons parisiennes les plus réputées du 19e siècle.

Au numéro 17 , se trouve actuellement L'atelier COGNIER TERRIER, Luthiers . Ancien atelier de Nicolas Augustin CHAPPUY (Rabiemont vers 1730 - Mirecourt 1784), Luthier installé à Paris de 1750 à 1770, il exerce ensuite en ce lieu à Mirecourt. Il signe ses instruments d'une marque au fer et ajoute une étiquette avec ses initiales sur les instruments haut de gamme.

Quittez un instant la rue principale, longez sur votre droite l'atelier Cognier Terrier, les halles de Mirecourt sont sur votre gauche, et empruntez, à droite, la Rue des Cloîtres

Au numéro 8, Dominique PECCATTE (Mirecourt 1810 - 1874), Archetier vient terminer sa carrière.
Fils de perruquier, il effectue un apprentissage de luthier chez Nicolas Vuillaume. En 1826, appelé par Jean-Baptiste Vuillaume à Paris, il s'oriente rapidement vers l'archèterie. Très vite, il excelle dans cet art. Il travaille pour Jean-Baptiste Vuillaume jusqu'en 1836, puis pour François Lupot dont il reprend l'atelier à sa mort en 1838. Il acquiert très vite une grande renommée. Suite à un héritage, en 1847, il vient s'installer à Mirecourt. Ses activités se diversifient, s'il produit encore, il s'occupe aussi de ses vignes. Et en 1852, il s'établit rue des Cloîtres où il poursuit la fabrication, notamment pour J.B. Vuillaume.

Au numéro 4 , était installé Didier NICOLAS (Mirecourt 1757 - 1833), Luthier
Fils d'Antoine Nicolas, luthier à Mattaincourt, il apprend le métier avec son père. Il est le maître d'apprentissage d'Hilaire Darche, de François Caussin et de bien d'autres. C'est le premier à rationaliser la production. Il emploie plusieurs dizaines d'ouvriers d'ouvriers. Il travaille sous la raison sociale « A la Ville de Mirecourt ». Il est également le premier luthier de Mirecourt à s'intéresser aux expositions universelles, internationales et nationales ; il participe à celle de 1802 et à celle de 1806. Pour sa production, il créé la marque « A la Ville de Crémone », marque qui sera reprise par d'autres luthiers et d'autres ateliers de lutherie : successivement les luthiers DERAZEY, puis MANGENOT et enfin l'entreprise LABERTE. Cette transmission de marque est évoquée actuellement dans l'exposition "Transmission(s)".

Tous droits réservés © 2008-2016 - Musée de la Lutherie et de l'Archèterie Francçaises - Mirecourt - pinkdesign 2008