Histoire du Musée
Le musée de la lutherie fête ses 36 ans !
L’initiative de réunir une collection représentative des activités de lutherie et d’archèterie à Mirecourt revient au Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France (G.L.A.A.F.), sous la présidence de Jean Bauer. Le musée municipal de la lutherie est inauguré à l’Hôtel de Ville, à l’occasion de la Sainte Cécile, le 24 novembre 1973. Jusqu’en 1984, bénévolement, Jacques Bernard, luthier-expert à Liège, rassemble des instruments, des accessoires, des outils et des ouvrages grâce aux dons consentis par ses confrères et les familles de luthiers. Il établit le premier inventaire. A partir de 1984, la collection est gérée par l’association « Promotion Mirecourt Facture Instrumentale » (PROMIFI). La politique d’acquisition s’oriente alors vers les témoignages de la production industrielle et de la musique mécanique. Le 17 mai 1989, le musée est inscrit sur la liste des musées classés et contrôlés par l’Etat. En 1991, Edith Orlando est recrutée par la Ville de Mirecourt pour préparer le programme préalable à l’étude de faisabilité et de programmation pour la création d’un bâtiment « musée ». Les moyens apportés par la Ville de Mirecourt permettent une politique d’acquisition plus ambitieuse. En 1998, le projet scientifique et culturel enrichi de l’enquête menée à Mirecourt par Lothaire Mabru, ethnomusicologue, est validé par l’ensemble des partenaires. Le 2 août 2002, le musée municipal de la lutherie bénéficie de l’appellation « Musée de France ». C’est aussi la période correspondant à la prise de fonction de Valérie Klein, responsable scientifique du musée en poste actuellement.

Les fonds constitutifs de la collection de Mirecourt
La collection instrumentale qui comporte 321 objets, reflète trois siècles de production artisanale. Les instruments à cordes frottées ou pincées, pour la plupart, ont été réalisés artisanalement par des luthiers et des archetiers installés à Mirecourt ou originaires de Mirecourt ou encore par des luthiers et archetiers ayant été formés à Mirecourt. Le musée conserve également des instruments à cordes réalisés dans les grandes fabriques qui ont participé à l’essor économique de la ville au 19e siècle. Pour enrichir la connaissance liée aux conditions de production de ces instruments, le musée conserve également un fonds socio - technique important (mobilier d’atelier, matières premières, modèles, gabarits et moules, outils, et pièces en cours de fabrication, accessoires piques, sourdines, etc.).Des archives d’entreprises (facturiers, étiquettes, catalogues et bois d’impression pour les catalogues, médailles, diplômes, etc.) complètent cet ensemble. Un fonds iconographique et un fonds documentaire ancien complètent la collection du musée.

Un musée dans la Ville : expositions, atelier pédagogique, atelier visitable, sentier des luthiers et réserves
Après plusieurs projets successifs, aujourd’hui, le projet de création d’un bâtiment « musée » est inclus dans le cadre d’un projet global d’aménagement urbain concernant l’îlot de l’ancien collège au centre de la Ville.
Actuellement, un bâtiment rénové, d’environ 240 m², situé Cours Stanislas, accueille le service des publics, soit l’espace « exposition » et l’atelier pédagogique. Pour compléter leur découverte, les visiteurs peuvent emprunter le « sentier des luthiers » (inauguré en 2006) et sur ce parcours, visiter un atelier de lutherie in situ (à partir de juin 2009.
Le pôle « conservation », incluant les réserves, est installé dans un ancien appartement d’environ 100 m² où, depuis 2004, le musée réalise son « chantier des collections » : traitement d’assainissement de l’ensemble de la collection, restauration d’une trentaine d’instruments, dépoussiérage, prises de vue, rangement, informatisation de l’inventaire et numérisation des collections. Le bureau de l’administration du musée et l’espace documentaire sont encore situés à l’hôtel de ville.

Des recherches qui nourrissent les projets du musée
L’émulation créée par la création du musée suscite études et recherches qui, à leur tour, nourrissent le projet scientifique et culturel. Citons particulièrement les recherches de Noëlle Gouillard (archiviste, 1983), d’Evelyne Bonétat (spécialiste de l’histoire locale) et de Roland Terrier (luthier à Mirecourt) sur l’histoire de la lutherie à Mirecourt et son rayonnement en France et à l’étranger et l’étude menée en 1998 par Lothaire Mabru (ethnomusicologue) sur l’ethnographie de l’activité de lutherie à Mirecourt.

Pour le plaisir, la sensibilisation et l’éducation des publics
Le concept du musée répond à une double vocation : le musée s’impose naturellement comme le lieu témoin de la ville, dont l’identité est fortement marquée par la production traditionnelle d’instruments de musique à cordes (1) ; et parallèlement, il donne l’occasion de porter un regard nouveau sur l’ensemble du processus de fabrication de l’instrument de musique pris comme composant de la fabrication de la musique (2) . Les luthiers, les instruments qu’ils fabriquent, les musiciens qui les jouent, les compositeurs qui écrivent pour eux, les auditeurs et les critiques qui écoutent et jugent les musiques produites ainsi que les interactions entre ces différents acteurs sont au cœur du projet du musée. Ainsi, le visiteur, en fonction de sa culture, peut se reconnaître dans l’un ou l’autre rôles. Il n’est pas seulement spectateur du projet…

Une équipe au service de projets de valorisation des collections
Emilie Vaquette, Kathy Delangle et Anne Sophie Benoît, forment l’équipe animée par Valérie Klein pour la mise en œuvre des projets visant à valoriser les collections.

Les acquisitions récentes (achats et dons) complètent la collection ; les violons d’Antoine Anciaume, de Nicolas Vuillaume, de Georges Lotte (ayant appartenu à Huguette Berger), de Jean Bauer (réalisé pour le violoniste Devy Erlih), les archets de Charles Louis et Charles Alfred Bazin et des frères Morizot, le fonds d’atelier Moinel, mais aussi un violon électrique d’Olivier Pont ou une guitare électrique de Christophe Leduc, en témoignent.

L’exposition est renouvelée régulièrement pour permettre une rotation des collections. Depuis 2003, plusieurs thématiques ont été proposées aux publics : « Lutherie de fortune, fortune de lutherie » (2003), « Acoustiques, électriques… Les instruments s’adaptent aux musiques actuelles » (2004), « Instrument, luthiers et musiciens » (2005), « En avant la musique » (2008).

Les rencontres du musée, une fois par mois, permettent aux visiteurs du musée d’écouter et d’échanger avec des luthiers, archetiers, musiciens ou chercheurs au sein de l’exposition.

L’exposition itinérante « Lutherie hors les murs, départ Mirecourt… » voyage de conservatoires, en collèges et offices de tourisme.

En 2008, 3 guitares de la collection du musée réalisées par Pierre Bruno Petitjean (1784 – 1852) ont été jouées, enregistrées, documentées et diffusées grâce à un livre-CD.

La numérisation de la collection instrumentale est terminée. Une partie est en ligne sur la base Joconde du Ministère de la culture, l’ensemble le sera bientôt sur une base regroupant les collections instrumentales des musées français. Enfin le site internet du musée www.musee-lutherie-mirecourt.fr, actuellement en construction, permet de suivre l’actualité du musée…

L’exposition « Transmission(s) » qui sera inaugurée à l’occasion du 50ième congrès du Groupement des luthiers et Archetiers d'Art de France, le 6 juin 2009, illustre le rôle central joués par les artisans locaux dans la transmission des savoir faire de lutherie et d'archèterie à l'échelle nationale et internationale.

Mirecourt, 12 mai 2009


(1) F. Gétreau, « Mirecourt et la facture instrumentale : dix questions pour un musée », Lutherie de fortune, fortune de lutherie, cat. expo., Mirecourt, 2003, pp.23-26
(2) L. Mabru, Comment la musique vient aux instruments : Ethnographie de l’activité de lutherie à Mirecourt, Sarreguemines, 1998, pp. 179-192

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