Présentation
Les collections du musée

Le fonds instrumental

La collection instrumentale reflète trois siècles de production française, presque uniquement en lutherie et en archèterie, de la fin du 18ième siècle à nos jours.

Les instruments du quatuor, pour la plupart, ont été réalisés artisanalement par des luthiers de Mirecourt ou par des luthiers et des archetiers originaires de Mirecourt mais ayant développé leurs activités ailleurs (Paris, autres villes de province, étranger) ou encore, par des luthiers et archetiers ayant été formés à Mirecourt (apprentissage ou école nationale de lutherie depuis 1970).
Le plus ancien instrument du quatuor de la collection instrumentale, un anonyme de Mirecourt, date de la fin du 17éme siècle. Les suivants nous permettent ensuite d’évoquer l’évolution stylistique de l’école de lutherie lorraine, qui deviendra ensuite la référence de l’école française de lutherie du quatuor et plus encore d’archèterie.
Le musée possède des instruments remarquables signés de grands auteurs français tels Lupot, Vuillaume, Chanot, Bernardel, Pillement, Pajeot, Voirin, Kaul, Dieudonné, Claudot, Richelme, etc.

Pour les instruments à cordes pincées, notons la présence d’une belle série de guitares romantiques du XIXéme siècle fabriquées à Mirecourt (Mast, Aubry Maire, Petitjean, etc.)ainsi que le témoignage de quelques productions du 20ième siècle.

Le musée possède également des instruments à cordes réalisées dans les grandes fabriques (production semi-industrielle) qui ont participé à l’essor économique de la ville dès le début du 19ième siècle, telles Laberte, Thibouville et Couesnon.

Les autres instruments
La facture instrumentale à Mirecourt ne fût pas uniquement dédiée à la fabrication d’instruments à cordes, selon les époques on y fabriqua aussi des orgues de musique mécanique, des instruments à vent, des pianos, etc. Quelques exemplaires conservés par le musée illustrent cette variété de production.

Le fonds socio-technique

Le musée de Mirecourt n’est pas seulement un musée instrumental. Pour enrichir la connaissance liée aux conditions de production de ces instruments le musée détient aussi un fonds socio-technique important allant du mobilier d’un atelier de lutherie type (établis, tabourets, fourneaux, armoires, étagères, tour à bois, etc.), aux outils utilisés pour la fabrication (scies, rabots, limes, gouges, serres joints, presse, etc. ) en passant par les modèles, les gabarits et les moules ayant servi à la conception des instruments ainsi que de nombreuses pièces en cours de fabrication (pièces ébauchées, tables, fonds, éclisses, manches, têtes, touches). Des lots de matières premières (filets, placages ; baguettes, bouteilles de vernis, flacons de pigments, etc.) existent aussi. Les accessoires liés à cette production sont également représentés : étuis d’instruments, chevalets, cordiers, chevilles, lots de cordes, mécaniques de guitare et de mandoline, boites de colophanes, piques, sourdines, etc. Ces lots provenant entre autres de chez "Gérôme frêres", "Charotte, Apparut, Hilaire", "Amédée Dieudonné", "Pierre Enel", "Roger Lotte", "Laberte", "Thibouville Lamy", "Moinel", " Max Millant" etc. sont aussi composés pour certains d’archives d’entreprises (facturiers, étiquettes, catalogues et bois d’impression pour l’impression des catalogues, médailles, diplômes, etc.)..

Un fonds iconographique: peintures, dessins, photographies, cartes postales anciennes, et quelques sculptures et un fonds documentaire ancien complètent la collection du musée de la lutherie : portraits de luthiers, de musiciens, vues de Mirecourt à différentes époques, vues d’ateliers, représentations de Sainte Cécile, ouvrages sur la lutherie, partitions, etc.

Musée et acquisitions

Un musée vivant est un musée qui enrichit ses collections

Une politique d’enrichissement programmée sur cinq à dix ans est élaborée à partir d’une étude poussée des manques, des besoins et des opportunités en matière d’acquisition. L’objet doit présenter un intérêt pour la collection et venir enrichir ou renouveler le propos du musée.
L’achat peut porter sur un objet isolé ou sur un ensemble cohérent déjà constitué et parfois même documenté. C’est le cas par exemple des fonds d’ateliers de luthier et d’archetier possédés par le musée de la lutherie et de l’archèterie de Mirecourt.

Différentes formes d’acquisition pour les musées de France

L’achat ou acquisition à titre onéreux se fait auprès d’un particulier, d’une institution ou lors d’une vente publique. Dans ce dernier cas le droit de préemption peut être exercé par l’Etat pour garantir l’obtention de l’objet au prix final de l’enchère. Les legs (dons fait par testament) ou donations représentent les acquisitions à titre gratuit. Enfin la dation est un paiement des droits de succession sous forme de dons faits à l’Etat. Ces deux dernières formes d’acquisition sont une source importante d’enrichissement du patrimoine national.

Les aides à l'acquisition : Les Fonds Régionaux d’Acquisition des Musées

Les FRAM sont créés en 1982 en régions pour permettre aux petites structures de développer une politique d’acquisition régulière ou d’acquérir des pièces exceptionnelles grâce à des financements conjoints du Conseil Régional et de l’Etat. La participation financière du FRAM a permis l’enrichissement des collections du muse de Mirecourt. En 1994, par exemple, le musée de Mirecourt acquiert le portrait du luthier Nicolas Lupot peint par Henriette Lorimier et, en 1995, un violon alto du même Lupot, daté de 1781. Depuis 2003, les acquisitions onéreuses du musée ont été soutenues par le FRAM, la plupart du temps à hauteur de 70 %.

Et différents moyens de contrôle

Toute acquisition est un acte légal qui doit être garantie entre autre par l’indication de provenance et l’attestation de non-gage. Une collection publique est inaliénable et imprescriptible. Cela signifie qu’une fois entrée dans le musée, elle n’en ressort plus, ne peut plus être cédée et ne rentrera plus jamais dans le commerce.
La pertinence scientifique de l’acquisition, sa cohérence dans le propos du musée sont soumis aux avis d’experts nationaux et à l’avis d’une commission régionale ou interrégionale spécialisée. L’acquisition n’est réalisée qu’à réception de ces avis. La procédure d’acquisition peut parfois durer plusieurs mois. Dans certains cas, une vente publique par exemple, une procédure d’urgence peut être mise en route.
Enfin, un don ou un legs peuvent être refusés parce que l’objet du don ne correspond pas à la politique d’acquisition ou au thème du musée, indépendamment de la valeur de l’objet.

C’est l’inscription à l’inventaire qui signe l’entrée légale d’un objet dans une collection de musée.

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